Retrouvailles entre comédiens belges et congolais.

Le Théâtre du Zoo de la commune de la Gombé à Kinshasa a servi le cadre, lundi 28 février 2001 à la première présentation de la pièce " Bruxelles, ville d'Afrique ", fruit de la rencontre de 7 comédiens belges et de 7 comédiens congolais. Cette pièce, de plus de trois heures est la conséquence positive d'une collaboration entre un auteur, M. Antoine Pickels, un metteur en scène, Mlle Virginie Jortay et une historienne de l'Art, Mme Annick De ville.

Devant un auditoire plus qu'intéressé, les 14 acteurs sur scène n'ont pas manqué de captiver l'attention de nombreux spectateurs qui ont fait le déplacement au Théâtre du Zoo. D'autant que les thèmes d'exploitations dans cette pièce, notamment la colonisation, le conflit culturel, l'exploitation économique, l'assassinat de PE Lumumba, l'esclavage et le travail forcé, l'évangélisation en passant par la Conférence de Berlin, l'effort de guerre et la préparation à l'Indépendance, avaient des rapports directs avec le public congolais.

« Bruxelles, ville d’Afrique » fait l’autopsie de la colonisation belge à Kinshasa. La pièce démontre, par ailleurs, les conséquences économiques, politiques et humanitaires qui en découlaient. Le rêve du Roi Léopold II était d’avoir une colonie, et cela pour des raisons économiques. Il fallait construire la Belgique. Ainsi, pour bien administrer le Congo et contrôler toutes les richesses, le souverain belge a envoyé à la colonie les aventuriers de toutes catégories. Ce qui lui a permis d’avoir la main mise sur les richesses de ce que les Belges aimaient affectueusement appeler la 10-ième province de Belgique. C’est donc en monarque absolu que Léopold II a conclu le contrat avec l’Allemagne pour la construction de l’EIC.

Aussi, la pièce explique-t-elle l’exploitation et la vent des minerais (surtout l’uranium) congolais et donne une sorte de leçon de morale sur les souffrances de peuple noir pendant la colonisation. De l’assassinat de Lumumba (La Barbiche), l’auditoire a eu droit à un tableau qui relate le complot savamment monté en métropole avec la complicité de quelques Congolais façonnée pour la cause. La prise de pouvoir par Mobutu, le rôle de l’Eglise, la classification ethnique ont tous été passés au peigne fin ?

Cependant, bien que la pièce soit intéressante pour le public, nombreux sont ceux qui estiment qu’en trois heures, elle fatigue, d’autres se demandent pourquoi avoir attendu si longtemps pour dénoncer.

BL pour le Journal du Vendredi (RDC)