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Après
avoir exposé les diverses motivations de Léopold II à
obtenir la souveraineté de l'Etat Indépendant du Congo (EIC),
le Guide aborde l'aspect économique de l'Oeuvre et démontre
que la colonisation belge a continué dans ce sens.
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Il
développe son discours en se servant d'images d'immeubles construits
à Bruxelles dans les anneées 50 / 60. Il ne s'agit ici que
d'un court extrait.
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.../...LE GUIDE Symboliquement, les nouvelles cathédrales
de la ville : banques, sièges de sociétés, parkings,
immeubles de bureaux, font apparaître les valeurs de la Belgique
dalors. Si la promotion immobilière débridée
des années 60 profite de labsence de projet urbain planifié,
elle sinscrit dans la même logique de gestion quau Congo.
Ici comme là-bas, léconomique prend possession de
lespace et de limaginaire des habitants.
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Cest dailleurs la manière dont le projet colonial a
souvent été « vendu » à lopinion.
Cette Cité
Administrative, construite en 1959, est un bel exemple de la manière
dont les théories qui régissaient larchitecture privée
ont été appliquées dans larchitecture publique.
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Cette
philosophie est en effet le juste reflet de loeuvre coloniale :
soumise aux intérêts privés, tenant compte dabord
de ceux-ci, et faisant peu de cas de la culture et des besoins des habitants.
La richesse de la colonie, comme celle de la ville, na jamais été
que celle des sociétés. La négligence du patrimoine
ici, le mépris et la destruction de la culture autochtone là-bas
procèdent de cette même logique, centrée sur le profit
de quelques-uns.
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Sa construction a provoqué la démolition du marché
couvert situé sous la place des panoramas, du quartier de la rue
de Schaerbeek, et mutile de façon irréversible le Boulevard
Pacheco. Conçue pour regrouper les fonctionnaires de lEtat,
la Cité Administrative devait incarner, par son échelle
et sa modernité, lefficacité de la fonction publique.
Par un retour de lhistoire, la fédéralisation ayant
mis un terme aux rêves de centralisation, les bâtiments sont
aujourdhui presque vides, à labandon, sans affectation.
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A
Kinshasa ou à Bruxelles, lEtat belge, dont nous avons vu
à quel point il a été, dès le début,
lié aux intérêts privés, laisse faire, au mépris
du bien-être des citoyens. Il y va souvent de son intérêt,
ou plutôt de lintérêt de certains. Il est ainsi
frappant de constater que tous les ministres des colonies, la plupart
des parlementaires impliqués dans les questions coloniales, et
bon nombre de fonctionnaires, se sont vus offrir à leur retraite
des postes dadministrateurs de grandes sociétés congolaises.
Cest un peu comme si lhomme dEtat belge était
dabord un homme daffaires, comme si lEtat était
lui-même une affaire.
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Les symboles quils véhiculaient seraient-ils morts ? On parle
en tous cas de les «sauver», ou de les «restaurer».
Ils appartiennent de fait au patrimoine et à lhistoire.
Pour bien comprendre le fonctionnement de la colonisation belge, il importe
de décoder les rôles parallèles et conjugués
des milieux économiques, de lEglise et de cette puissante
Administration. Il sagit du fameux «triangle
colonial», structure de base de lEtat Indépendant
du Congo, qui perdurera sous la souveraineté belge. Nous avons
déjà évoqué les enjeux économiques.
Notre Cité Administrative, lieu-symbole de lEtat, servira
de toile de fond à cet autre aspect de la présence belge
au Congo, le travail de lAdministration.
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