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Grande première de " Bruxelles ville d 'Afrique
"
Le belge De Connick et l'allemand Ohlraun ont réconforté
les comédiens de " Kuru "
Lambassadeur belge à Kinshasa, Franck De Connick et son homologue
allemand Helmut Ohlraun ont salué lundi 28 février dernier
en la salle du Zoo la grande première du spectacle Bruxelles Ville
d'Afrique offerte par le groupe Kuru, composé de 7 comédiens
congolais et 7 belges.
Le dramaturge belge Antoine Pickels tente, dans sa pièce en 14
tableaux, de combler le vide sur une réflexion théâtrale
consacrée à la présence belge au Congo Léopodville.
"Bruxelles Ville d'Afrique" se veut une "visite guidée"
qui traverse les époques, les espaces et les idées de la
création de l'Etat indépendant du Congo ponctuée
par l'exploitation du caoutchouc, sans oublier l'effort de guerre, consenti
par l'ex-colonie au profit de la métropole.
Je suis pour le remboursement intégral de ce qui a été
volé à l'Afrique, a déclaré Antoine Pickels
à l'issue du spectacle pris d'assaut par plus de 700 congolais
et expatriés. Se présentant comme provocateur, le dramaturge
belge indique avoir senti des signes d'énervement, des surprises
chez beaucoup d'officiels et d'expatriés tout au long du spectacle.
Il a apprécié la réaction pour sa disponibilité
d'écoute devant les talents dramatiques du groupe Kuru.
Le metteur en scène de la pièce Virginie Jortay explique
que sa démarche visait à soulever des questions sur les
relations colonisateurs/colonisés.
L'Ambassadeur Mushobeknva Kalimba wa Katana, ancien ministre de l'enseignement
supérieur et universitaire dans le gouvernement Kengo a salué
le souci d'acteurs de relancer un nouveau genre de partenariat entre Kinshasa
et Bruxelles.
Livrant ses impressions sur la prestation des comédiens, le célèbre
historien congolais, le professeur Lumenga Neso a estimé que Bruxelles,
ville d'Afrique s'inscrit dans le cadre de ce qu'il a considéré
comme del'histoire africaine restituée. Ce n'est pas une page d'histoire
du point de vue scientifique.
Ce spectacle vécu sous forme de mariage artistique est perçu
comme une note d'interpellation collective explique l'historien Lumemga,
rappelant que jusqu'à présent, les historiens belges se
posaient la question de savoir combien le Congo a coûté à
la Belgique.
L'on peut tout aussi bien inverser l'équation, a-t-il dit en demandant
combien la Belgique a coûté au Congo ?
FAUSTIN KUFUTUKISA pour La Marque (RDC)
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