La dernière lettre est une texte bouleversant de Vassili Grossman, extrait de vie et destin.
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«
Je suis sûre, Vitia, que cette lettre te parviendra, bien
que je sois derrière la ligne du front et derrière
les barbelés du ghetto juif. Je ne recevrai pas ta réponse
car je ne serai plus de ce monde. Je veux que tu saches ce qu'ont
été mes derniers jours, il me sera plus facile de
quitter la vie à cette idée »
«
Il est difficile, Vitia, de comprendre réellement les hommes...
Les Allemands sont entrés dans la ville le 7 juillet. La
radio, dans le parc de la ville, transmettait les dernières
informations, je rentrais de la polyclinique après les
consultations et je me suis arrêtée pour les écouter,
la speakerine lisait en ukrainien un article sur les derniers
combats. J'ai entendu des détonations éloignées,
puis des hommes traversèrent en courant le parc, je repris
le chemin de la maison en me demandant comment j'avais fait pour
ne pas entendre les sirènes de l'alerte aérienne.
Soudain, je vis un tank et une voix cria: « Les Allemands
sont passés! ».../...
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©
David Marlé |
Cette
proposition de forme courte (1 semaine de répétition)
a été faite par les Halles à 3 metteurs
en scène vivants à Bruxelles. J'ai choisi, pour
ma part, de travailler ce texte douloureux dans un contexte
contemporain, ulcérée par les images quotidiennes
que délivrent les satellites et cables d'information.
Par la juxtaposition d'images de news, je n'ai pu m'empêcher
de rapprocher les ghettos mais aussi la logique de ces états
d'exception...
Cette
proposition a aussi été pour moi l'occasion de
réaliser un très vieux désir: celui de
travailler avec mon père.
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Des corps dans l'espace CRITIQUE :
Avec « Différents formats », les
Halles de Schaerbeek proposent en une soirée, trois courtes
pièces résultant de commandes passées directement
à des artistes. En espérant que des programmateurs
s'y intéresseront et leur permettront de se développer.
En ouverture, Suzy Falk et Georges Pradez livrent « La
dernière lettre » de Vassili Grossman. Lettre
d'une mère juive russe qui décrit à son
fils son arrestation par les nazis, l'enfermement dans le ghetto,
la mort qui approche et l'ultime message : Vis mon fils, vis,
vis toujours !
Dans un subtil jeu de va-et-vient, Virginie Jortay nous fait
découvrir ce texte par la voix de la mère mais
aussi et surtout par celle du fils qui semble relire cette lettre
pour la millième fois, face au déferlement d'images
d'actualités d'Irak, Afghanistan, Haïti...
Un texte fort que les deux comédiens livrent avec une
sobriété remarquable à l'image d'une mise
en scène qui s'efface derrière les mots, tout
en faisant circuler les corps dans l'espace d'une manière
qui n'a rien d'aléatoire... /...
Jean-Marie Wynants
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| Une production des Halles et du Groupe Kuru - Different Format - 2004 |
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