Dans
le cadre de la quinzième édition de la Piste aux Espoirs
de Tournai, l'Ecole Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles
bénéficie d'une carte blanche, pour produire un spectacle
composé d'étudiants issus de promotions récentes
ou encore en troisième année d'études.
Le choix de Virginie Jortay, metteure en scène, s'est porté
sur une alliance entre la musique du compositeur Jean Sébastien
Bach et un large éventail de disciplines acrobatiques.
La fusion entre les formes s'est faite très naturellement, conjuguant
avec simplicité les vertiges des accords musicaux et ceux, aussi
denses et structurés, des gestes et des postures des artistes.
A l'architecture des pièces de Bach répond en écho
la géométrie rigoureuse des corps, bâtis à
la fois en force et en souplesse.
L'étrange élégance qui filtre de cette alchimie
inattendue n'est d'ailleurs pas sans évoquer l'art du contrepoint
et, dans une certaine mesure, l'harmonie.
Questions de proportions sans doute, mais le saut dans le vide ou les
déséquilibres acrobatiques, portés par leur maîtrise,
nourrissent l'imaginaire aussi fortement que peuvent le faire une fugue
ou une aria et imposent Bach comme le plus spectaculaire des compositeurs.