premiers encouragements

Jules Marchal, le 28/11/99

.../...Je regrette que je ne vous ai pas fait signe plutôt pour vous dire que je suis d’accord avec les grandes lignes de votre analyse de la colonisation. Je suis émerveillé de ce que vous, la nouvelle génération, ayez perçu si clairement «ce que nous le Belges sommes allés chercher en Afrique».
Je souscris entièrement à la phrase finale de votre pièce : « La clarification de nos relations avec cette région ne pourra advenir que par la reconnaissance de cette histoire, et en assumant cet héritage commun dans sa totalité. »
Dans ce domaine, il reste à vous, à moi un immense travail à faire. Votre pièce mentionne le château de Laeken comme faisant partie du fâcheux héritage africain de Bruxelles. Par ce temps de Mathilde, nos écrans TV nous assomment tous les jours d’images magnifiques de ce château. Dans les commentaires, il n’y a pas la moindre allusion au fait qu’il est cimenté avec le sang des Congolais. Avec cette masse du bon peuple invitée récemment dans ses salons et ses serres, la réputation de Léopold II est sauve…
Vous me demandez des commentaires sur le texte. Sa partie historique m’a frappée par le vaste éventail des faits relatés, relatifs son seulement à l’Etat Indépendant, mais aussi au Congo belge. Cela m’amène à penser que vous étudiez le sujet depuis des années. Je n’ai que deux remarques à ce propos :


- Domaine de la Couronne : Vous en exposez l’existence selon la version habituelle. Moi, j’ai découvert que ce domaine n’existait que sur papier, qu’il n’a donc jamais été exploité. Il a été inventé pour justifier l’origine des sommes dépensées selon le bon plaisir du roi.

Effectivement, pour ne prendre l'exemple que du Mont des Arts, c'est le Domaine de la Couronne qui devient propriétaire de terrains sur le Coudenberg afin de hâter la réalisation des désirs du Roir
L. Ranieri: Léopold II urbaniste

- La Bataille du Rail n’a pas exigé 100 vies par km. Cela ferait en effet 38.800, contre le nombre de 4.000 que j’ai suggéré quelque part. Par ailleurs, vous ne pouvez pas savoir que la vraie bataille du rail eut lieu dans les années 20, où le double de ce dernier nombre périt à la reconstruction de la ligne…/… Cette seconde bataille du rail, escamoté dans l’histoire coloniale belge, constitue le sujet de mon nouveau livre qui paraîtra au printemps prochain.../...

Jules Marchal est né dans le Limbourg (Belgique). Docteur ès philosophie et lettres (Université catholique de Louvain) ; fonctionnaire territorial au Congo belge (1948-1960) ; conseiller technique au Congo-Zaïre (1960-67) ; diplomate (1968-89). Il est décédé en 2003. Ses livres sont disponibles sur commande aux Editions Paula Bellings, 10 Kerselaarstraat, 3840 Borgloon, tel. +32 12/74.12.30.


Colette Braeckman, le 15/3/96

.../...C’est avec immensément de plaisir et d’intérêt que j’ai lu le projet théâtral…/… je suis actuellement immergée dans un texte qui reprend un peu toutes les questions qui affluent dans votre projet : Que diable sommes-nous allés faire en Afrique centrale ? Quelles cicatrices ont-ils gardé, quelles traces avons-nous gardé, nous ? Que savions-nous jamais les uns des autres ? Il se fait que votre projet théâtral aborde, de manière théâtrale, bien des questions que je me pose en ce moment …/… je serai ravie de m’entretenir de tout cela avec vous…/...

Colette Braeckman, le 5/1/97

.../...Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter : j’aime vraiment beaucoup le travail d’Antoine Pickels, il me semble que sur le plan de la véracité historique il n’y a rien à redire. Tout y est et plus encore, et en plus ce spectacle, s’il sort, viendra réellement à son heure, le Zaïre revenant dans l’actualité et le régime Mobutu se trouvant en fin de course…


La seule objection, peut-être du point de vue théâtral, c’est que certains monologues sont peut-être un peu longs, et risquent de lasser l’auditeur…/… sinon, je trouve cela vraiment très bien…/… Tenez-moi au courant de la suite de votre travail, sachez en tout les cas que ce que j’ai lu est un vrai régal, moi j’aime beaucoup et ca vient au bon moment , en Belgique les gens sont prêts à se divertir et à réfléchir sur ces sujets là : nous vivons à l’heure actuelle une nouvelle fin de la colonisation !